Un poète

Publié le par mathilde

Je ne vais pas toujours seul au fond de moi même
Et j'entraine avec moi plus d'un être vivant.
Ceux qui seront entrés dans mes froides cavernes
Sont-ils sûrs d'en sortir même pour un moment?
J'entasse dans ma nuit, comme un vaisseau qui sombre,
Pêle-mêle, les passagers et les marins,
Et j'éteins la lumière aux yeux, dans les cabines,
Je me fais des amis des grandes profondeurs.

Jules Supervieille, Les Amis inconnus, 1934

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Publié dans les mots - c'est beau

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